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 Time to tell the truth

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MessageSujet: Time to tell the truth   Jeu 6 Nov - 1:09

Time to tell the truth
Hae Lee Yoon ∞ James Douglas

La rentrée des classes est une période assez compliquée dans la vie d’un étudiant. Mais elle l’est de moins en moins à mesure des années, à l’exception de quelques personnes qui subiront des discriminations toutes leurs vies, ou celles qui les font subir à leurs victimes pour des sévices infligés par le passé. J’entends par là quelques professeurs désireux de venger leurs années d’études sous le joug d’autres élèves plus musclés, plus talentueux, plus présomptueux surtout. Voilà deux mois à présent que les étudiants ont eu le temps de se faire à leur nouvelle routine, leurs emplois du temps et leurs professeurs, testant chaque caractère pour savoir quels seraient les plus laxistes et ceux qui au contraire seront bien trop stricts. Je n’ai pas eu ce plaisir de discuter avec tous, mais j’ai cet esprit aiguisé qui me permet d’être proche de mes classes, par une méthode qu’une certaine élève qui n’est pas dans mon cours n’apprécie pas et pourtant, qui fait ses preuves lentement. Je ne pense pas être là aujourd’hui encore, si l’efficacité de mon enseignement n’en valait pas la peine.

J’ose espérer que cette langue fourchue pourra au moins reconnaître ses torts. Bien que je n’ai rien à lui prouver en particulier, elle m’avait menacé sévèrement pour des actes qu’elle a cru mal intentionnés et qui n’avaient rien de tel. L’innocence même. Mais ça n’est pas le cas de tous. A-t-elle prêché sa bonne parole auprès de mes élèves, notamment d’Hae Lee ? J’ai dans l’idée qu’elle l’a fait, sinon pour quelle raison me regarderait-elle comme le pire des monstres ? Suis-je le pire des monstres à ses yeux ? Je ne saurais dire tant son comportement me semble étrange. Pour une première année dans l’enseignement, du moins en ces lieux, je fais fort, j’arrive à me mettre une famille de sang pur à dos, voire peut-être même une seconde, et je suis bien placé pour savoir que les parents de ces deux familles n’apprécieront pas à leurs justes valeurs mes cours, tout autant qu’elles pourraient me faire payer l’affront d’être un né-moldu. J’ai été comme ça, j’en ai beaucoup profité étant enfant, même si le mérite me revenait souvent, j’avais tout de même de très bons appuis. Je ne dirais pas que c’est le cas de ces deux jeunes femmes. L’une étant radicalement opposée à cette guerre des sangs, l’autre s’en fichant éperdument. Je n’ai rien à craindre d’elles, mais de leurs parents.

Au cours d’un après-midi relativement calme, un café à la main, l’autre plongé dans un livre que je feuillette à la recherche d’informations sur la métamorphose et la psychologie forcée, j’aperçois mademoiselle Yoon, seule, et je suis bien décidé, cette fois-ci à savoir le pourquoi du comment, sans l’agresser pour autant. Je n’ai pas besoin de plus pour prendre mon courage à deux mains, en ma qualité de professeur, je dois bien essayer de décortiquer les nœuds quand il y en a, surtout lorsqu’ils me concernent. Je quitte ma place pour rejoindre sa table, profitant de sa solitude sans doute volontaire, pour initier un dialogue dont elle ne voudra pas. Je tente néanmoins un sourire, en espérant que ce dernier saura la rassurer, tant je ne suis pas le genre d’homme ni de professeur, à vouloir intimider autrui, et quand bien même cela serait le cas, ce n’est pas elle que je voudrais intimider, loin de là. Quoi qu’il en soit, je romps le silence afin qu’elle n’ait pas dans l’idée de s’éclipser avant.

« Bonjour, mademoiselle Yoon, c’est une belle journée, comment allez-vous ? »

Mes études m’auront permis d’aiguiser ma sociabilité en prenant compte de l’état d’esprit de l’autre. Je voudrais la mettre en confiance, puisqu’il s’agit de questions plus ou moins à mon sujet que je voudrais lui poser, et je ne pourrais obtenir de réponses sincères si je ne prends pas le temps de me pencher sur sa propre personne, à savoir si je suis le problème ou si quelque chose ne va pas chez elle. Relativement proche de mes élèves tout en ayant instauré les limites à ne pas franchir, je n’ai pas su comprendre cette jeune femme en face de moi, et cela me navre. Mon livre toujours ouvert, ainsi que mon café à proximité, je tente d’engager la conversation au mieux, sans qu’elle ne me fuie, mais le pourrait-elle dans cette bibliothèque ? C’est un lieu particulièrement approprié, car malgré les oreilles attentives au moindre chuchotement, le monde qui y réside reste témoin de tout évènement, et je doute qu’elle n’y ait pas pensé. C’est une élève brillante. Si elle me juge assez brillant pour avoir réfléchi à cela, elle comprendra sans nul doute que mon intention est de parler, rien d’autre.

« Vous devriez profiter de votre temps libre, mais soit, je ne suis pas là pour vous donner ce conseil aujourd’hui »

Je n’aime pas entretenir le suspens dans de telles conditions, mais j’y suis obligée pour témoigner de mes intentions, qui ne sont ni bonnes ni mauvaises. Je suis curieux, soucieux également de savoir ce qu’une élève en particulier pense de moi. Que l’on ne m’apprécie pas, c’est une chose, que l’on me craigne, c’en est une autre et ceci, injustement qui plus est.

« Quelque chose ne va pas avec moi ? »

Je ne fais jamais dans la dentelle et bien que je sois assez intelligent pour parvenir à mes fins plus délicatement, la franchise a du bon, certaines fois. Le fait que cette pensée négative qu’elle a de moi me trouble autant est certainement dû à ce changement radical à mon égard, du jour au lendemain, si je puis dire, et cela me glace le sang. Je ne voudrais pas tirer de conclusions hâtives et c’est pourquoi je viens directement à la source de ce nœud. J’aurais très bien pu porter des accusations sur mademoiselle Wada, mais je ne serais pas digne d’être professeur si je m’abaissais à ce niveau. Ainsi, il était plus sage de procéder de cette manière, je ne regretterais pas.
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MessageSujet: Re: Time to tell the truth   Mar 11 Nov - 13:35

Time to tell the truth


Reprenant une à une les pages de mon livre je m'efforce de connaître chaque mot par coeur. Par chance j'ai une mémoire visuelle. Cela aide beaucoup pour la théorie. Et il faut avouer que c'est là où je réussis à marquer le plus de points. La pratique et moi ça ne fait pas bon ménage. Je ne compte plus le nombre de fois où Gabriele m'a taquiné au sujet de mes sorts mal exécutés. D'après lui je ne pourrais jamais soigner la moindre personne si je ne m'améliore pas. Cependant j'ai réussi à soigner quelqu'un en arrivant à Wincap. Une fois. Et en utilisant des choses basiques. Peut-être bien qu'il a raison, peut-être bien que jamais je n'arriverais à devenir un bon médicomage si je n'entraîne pas ma pratique. Ce n'est pas faute d'essayer mais c'est toujours une vraie catastrophe. Un long soupir traverse mes lèvres alors que mes mains s'abattent contre mon front. Ce n'est pas le moment de te laisser aller Hae Lee. Secoue toi ! Tu sais bien qu'il te dit cela pour ton bien, pour que tu lui prouves que tu peux quand même devenir ce que tu souhaites. Ma tête finit par tomber lourdement sur la table face à moi et quelques têtes étonnées tentent d'accrocher mon regard. Ma main se secoue en signe d'excuses. Nouveau soupir. Faut vraiment que j'arrête de réfléchir à dix choses en même temps. Me concentrer sur une seule chose à la fois. C'est ce qu'il existe de meilleur.

Deuxième rayon. Quatrième rangée. Du bout des doigts j'attrape un livre de botannique sur diverses plantes médicinales plutôt rares puis retourne m'asseoir. Cela fait un peu plus d'une heure que je suis à la bibliothèque, n'ayant rien de mieux à faire. Cassandra suit ses cours pour être Auror tandis que Gabriele est encore à la boutique. Et je ne voudrais surtout pas prendre le risque de lui rendre visite. Trop de personnes pourraient nous apercevoir. Cette situation me tue à petit feu et je ne suis pas certaine qu'il puisse garder cela secret encore bien longtemps. Croisant les mains sur ce livre, j'inspire et expire à plusieurs reprises afin de me concentrer sur la lecture à venir. Je connais les plantes de bases et celles assez rares sur le bout des doigts. Le reste possède encore quelques mystères que je me dois d'évincer. Je n'ai pas le droit de laisser une ombre de d'incertitude dans ma tête sur ces plantes. Les doigts sur mes tempes, le livre ouvert sur la petite table, je me plonge dans la lecture en essayant de graver les mots uns à uns dans ma mémoire comme on les graverait dans la pierre.

Le son d'une voix masculine me fait relever la tête. Perdue entre les pages de ce livre je n'ai pas su détecter à qui elle appartenait, mais en voyant ce visage je donnerais tout pour ne pas l'avoir entendue. C'est Mr Douglas qui me salue poliment avant de s'enquérir de mon état. Mes joues rougissent sous l'effet de surprise. Je suis totalement prise au dépourvue. Même en étant seule à cette table -et donc n'abandonnant personne- je ne peux pas m'enfuir. Je ne peux pas le fuir. Nous sommes à la bibliothèque et ce serait totalement étrange qu'une élève s'écarte ainsi de ce cher professeur. Surtout que, selon plusieurs de mes camarades, Mr Douglas est un bon professeur. Enfin selon leur dire. C'est un des rares professeurs à l'écoute de ses élèves, voulant les comprendre et les aider de son mieux. Mon regard s'oriente de droite à gauche, évitant celui de l'homme face à moi. J'ai beau chercher une issue, il n'en existe pas. C'est donc hésitante que je réponds à sa question : « Bonjour monsieur Douglas. Je... C'est... Oui. C'est une belle journée. » Je choisis finalement d'ignorer sa question. Non je ne vais pas bien. Pas avec sa présence face à moi. J'allais bien. A présent ce n'est plus le cas.

Mon regard se baisse sur son livre ouvert et son café. Il ne semblait pas être prêt à venir me parler. J'ignore s'il savait que j'étais ici. Ma présence dans cette bibliothèque est devenue une habitude, c'en est même étonnant. La charmante dame qui s'occupe des rayons est même légèrement inquiète lorsqu'elle ne me voit pas ou lorsque j'arrive plus tard qu'ordinaire. Glissant une main dans mes cheveux, j'enroule nerveusement quelques mèches autour de mes doigts. Mais bon sang que me veut-il ? La phrase qui suit m'éclaire un peu puisqu'il affirme que je devrais profiter de mon temps libre; mais qu'il n'est pas venu spécialement pour ce conseil. Mes yeux restent rivés sur la table. Je me doute bien qu'il n'est pas venu me voir uniquement pour cela. Surtout en sachant ce que je sais à présent. C'est à dire en connaissant un morceau de son passé. « Merci. J'y penserai certainement. » Ou peut-être que non. J'ai toujours passé mon temps libre plongée dans les livres. Que ce soit des livres de magie, des contes ou des récits ; et même des livres moldus prohibés par ma famille. Troisième soupir. Je ne sais pas comment exprimer la peur et le stress qui m'envahissent en ce moment même autrement que par ces lourds soupirs.

Les yeux daignant enfin se poser sur cet homme, j'aperçois son sourire. Il n'a pas l'air mauvais et pourtant un long frisson parcours mon échine. C'est plus fort que moi. L'homme me demande alors si quelque chose ne va pas avec lui. Mes yeux s'arrondissent. A-t-il vu le frisson qui vient de dévaler ma colonne vertébrale ? Évitant son regard je réponds du bout des lèvres : « Non. Bien sûr que non... Tout... Je ne vois pas ce qui n'irait pas. » Un sourire embarrassé s'accroche à mes lèvres. Cacher une vérité est une chose. Mentir ainsi de vive voix en est une autre. Mes doigts s'enroulent de plus en plus rapidement autour de mes mèches sans même que je ne m'en rende réellement compte. Techniquement c'est vrai, je n'aurais rien à lui reprocher. Mr Douglas n'est même pas l'un de mes professeurs ! Et jusqu'à présent je n'ai entendu dire que du bien de lui. C'est alors que mon propre comportement me reviens en mémoire. Je l'évite. Depuis cette bousculade je tente au maximum de ne pas croiser son chemin. Et lorsque c'est le cas je change au plus vite de direction. Je pensais avoir été discrète ; mais apparemment ce n'est pas mon fort non plus.

Refermant le livre de ma main libre, j'essaie de formuler une réponse correcte dans ma tête. « Je suis désolée si je vous ai donné cette impression. C'est juste que... » Les mots se bloquent dans ma gorge. Je n'arrive pas à former une phrase convaincante ; une phrase capable de l'éloigner de moi. Nous avons beau être dans une bibliothèque, et donc ne pouvoir que parler, je sais mieux que quiconque combien les mots peuvent être durs et affreusement blessant. Ma bouche s'ouvre et se referme. Jamais je n'aurais pu être comédienne. Ou quoique ce soit s'en approchant. Mes réactions surviennent de façon bien trop naturelle et je ne peux pas les cacher. « C'est seulement que j'ai ouïe dire des choses sur vous qui ne me mettent pas en confiance. » Ce qui n'est pas réellement faux. Je ne les aie pas entendus, mais je les aie vu. Et comme il mens sur ses origines, Mr Doulas me mentira sur son passé quand bien même j'aurais eu le courage de lui dire que je sais tout ça. C'est certain. Or j'ai vu son passé. Et je sais que c'est réel. « Mais vous savez ça ne fait rien. Nous... Nous n'avons pas à nous supporter l'un l'autre. Si... Enfin si vous le désirez puisque vous n'êtes pas mon professeur. » D'une voix qui se rapporte plus à un chuchotement, j'ajoute : « Nous ne nous devons rien... » Ou plus exactement presque rien. C'est surtout moi qui lui suis redevable. De m'être enfuie en courant sans rien dire. Mais surtout d'avoir observé son passé sans même lui en avoir parlé. Je sais combien c'est intime ; et je sais que je devrais lui dire. Mais je ne peux pas. C'est plus fort que moi.

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MessageSujet: Re: Time to tell the truth   Sam 15 Nov - 23:56

Time to tell the truth
Hae Lee Yoon ∞ James Douglas

Ma présence n’était clairement pas souhaitée, où dirais-je, plutôt, qu’elle n’était pas attendue, ce qui peut se comprendre. Je n’ai pas prémédité cette rencontre, elle est due à un hasard qui fait très bien les choses à vrai dire et je mentirais si je disais ne pas en avoir profité. Cette occasion était unique et je crois en ce destin qui se joue de nous en nous mettant sur des voies, libre à nous de saisir les diverses chances qui nous sont proposées et qui s’avèrent parfois, selon l’issue, chaotique. Je ne laisserais pas mon avenir devenir si négatif pour quelques ragots entendus je ne sais où encore. Ou peut-être était-ce une autre rencontre du passé ? Cette fois-ci, je n’ai aucun souvenir de cette demoiselle. Je m’approche, la conseille et rentre dans le vif du sujet par pur souci d’honnêteté. Mais également parce qu’il m’est insupportable de tourner autour du pot lorsqu’il n’y a pas lieu d’être, je ne pense pas m’être comporté indignement pour mériter cette profonde peur, jusqu’à même qu’elle baisse ses yeux en niant totalement cette crainte.

Elle reprend cependant en m’affirmant qu’elle avait entendu des choses, cette influence que l’on pouvait porter sur un jugement plutôt qu’un autre me sidère. Je n’en reviens pas, d’être ainsi jugé si facilement et par une inconnue qui plus est, presque déçue de ne pas avoir le bénéfice du doute. J’ai également droit à une remarque concernant mes cours et cela me rapporte directement à cette élève, qui ne fait pas non plus partie de mon cours et a levé sa baguette sur un professeur sous prétexte que j’étais dangereux, chose que je n’ai jamais été bien entendu. Je détourne le regard, je ne suis pas blessé, et loin de moi l’idée de vouloir jouer ce rôle pitoyable. Je préfère étonnamment me fier à mon instinct et simplement expirer.

« Peut-être qu’il s’agit d’un malentendu, je ne vous connais pas et je ne pense pas que nos chemins se soient croisés par le passé à moins d’avoir fait un séjour aux États-Unis. Mais je me vois dans l’obligation de décliner cette offre pour la simple raison que toute ma vie j’ai eu droit à un jugement hâtif sur ma propre personne sans avoir eu le choix d’apporter mon propre avis sur la question »

Une confidence que je lui cède volontiers dans la mesure où je me fais accuser à tort de crime suffisamment touchant pour qu’elle se mette à me fuir. Je réfute poliment sa proposition non formulée de m’en aller tout simplement et de faire l’impasse sur ce comportement.

« Puis-je au moins savoir ce qui se dit de moi ? Je préviens que si c’est une histoire de prison, de meurtre ou d’abus, je n’ai rien fait de tout cela et mon dossier judiciaire le prouve, consultable de par les archives de Wincap recensant les dossiers de tous les professeurs, élèves et contribuables »

Je n’ai rien à cacher, rien qui stipule que je suis un imposteur, non, je suis l’enfant né moldu d’un couple mort dans un incendie et adopté par des sang-mêlé qui tenaient à avoir des enfants. Ne suis-je pas un amour d’avoir donné cette chance à un couple sans histoire ? Peu importe, le sujet n’étant pas là je ne m’étale pas plus sur les évènements qui constituent mon passé, ou du moins une partie, car en réalité, c’est tout autre, mais cela ne change en rien ce que je suis.

« Allons, mademoiselle, ai-je l’air si menaçant ? Si c’était vraiment le cas, nous ne serions pas en train de discuter »

Je n’ai aucun moyen plausible de la raisonner à mon sujet, tout comme j’avais tenté de le faire avec mademoiselle Wada. Elles se ressemblent, mais Hae Lee Yoon est plus docile, moins exigeante et il semblerait moins fier, ce qui n’est pas le moindre des compliments quand on juge par nos échanges avec l’autre élève. Je me contente de lui sourire et de ranger mon cahier, préalablement tapoté d’une main. Je ne compte pas m’éclipser si soudainement, mais ma présence la met si mal à l’aise qu’il serait pénible pour elle de tenir plus longtemps, à mon humble avis, et lui imposer ma présence de la sorte était visiblement une mauvaise idée.

« Écoutez, je vois bien que ma présence vous met mal à l’aise et je ne voudrais pas occasionner plus de dégâts. Je vous laisse y réfléchir. Je tiens vraiment à établir un semblant de paix entre vous et moi, en tant qu’élève et professeur bien entendu. Et je ne doute pas de votre intelligence, je sais que vous comprendrez mon point de vue, je recherche simplement la paix »

Qui ne la souhaite pas ? Dans ses retranchements les plus fous, Voldemort lui-même souhaitait cette paix. Mais il n’était pas amené à l’avoir, lui qui semait le chaos pour être le seul maître à régner, le seul craint. Un bon royaume ne se battit pas sur ces valeurs. Je ne compare pas mes convictions aux siennes, simplement, tout homme rêve d’un monde qui lui ressemble et le mien n’est autre qu’une vie auprès des miens, est-ce donc trop demandé ? Je peux supporter beaucoup de ragots, ce ne serait pas la première fois. Ce statut de né Moldu m’a beaucoup aidé à élargir mon bouclier, mais être jugé pour ce que je suis, pour des actes qui ne sont pas les miens, ça, je le refuse. J’ai encore du mal à accepter que des rumeurs infondées circulent si librement et injustement. De quel monde vins-je ? Sincèrement, un monde en paix… ça n’existe pas à croire les mœurs de cette société. Aussi bien moldu que sorcières, nous sommes tous soumis à des lois et des règles auxquelles on essaie d’échapper par n’importe quel moyen, et inculper l’autre pour des accusations gratuites fait partie de cette transgression. Mes affaires rassemblées, j’offre un dernier sourire et retourne à ma table, toujours libre, comme si elle n’attendait que moi depuis que je l’avais quitté.


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MessageSujet: Re: Time to tell the truth   Dim 30 Nov - 15:34

Time to tell the truth


Le professeur finit par détourner son regard. Il ne semble pas blessé par mes remarques, et pourtant c'est ce que je pourrais croire. Je ne sais pas où me mettre. Fuir me parait la seule solution mais impossible dans cette bibliothèque. Il passerait pour un mauvais professeur ou moi pour une mauvaise élève. Or que ce soit l'un ou l'autre, aucun des deux cas n'est représentatif de la réalité. Aucun. Je sais parfaitement ce qu'il est, ce qu'il cache au monde entier ; pour autant je ne veux pas porter atteinte à son statut de professeur. Je n'ai entendu que du bien de lui. Le mal je l'ai vu. Et ça ne concerne en rien sa façon d'enseigner. Mr Douglas m'avoue que c'est certainement un simple malentendu, que jamais nous ne nous sommes croisés par le passé et qu'il ne comprend pas ce jugement que je porte sur lui. Baissant la tête je me mord la lèvre inférieure. Que répondre à cela ? Je ne peux pas lui dire que je sais qui il est même s'en jamais s'être croisés. Il me prendrait pour une folle, ou une stalkeuse. Et je ne suis rien de cela. Une envie folle de crier que je sais qu'il ment sur sa vie me prend à la gorge, je suis obligée de me faire force pour me taire. Lorsqu'il me demande s'il peut savoir ce qui se dit sur lui je lève mon regard sur son visage. Mes yeux épouse les formes de sa mâchoire sans pour autant croiser les siens. Consulter son casier judiciaire ? Je suis stupéfaite par une telle remarque. « Jamais je n'oserais fouiller dans de tels dossiers. Votre vie privée ne me regarde pas. » Ou plutôt ne devrait pas me regarder. C'est malgré moi que j'ai su toutes ces choses sur lui, rien qu'en lui rentrant dedans au détour d'un couloir par pure inattention. C'est plus fort que moi de l'éviter. Chaque fois que je suis près de lui la peur grandie dans mon estomac et envahie mon être tout entier. Et je ne peux rien faire contre ça.

Sa question suivante me fait relever soudainement la tête. Il n'en a pas l'air ; il l'est. J'en suis intimement convaincue. « Les personnes menaçantes peuvent parfois faire preuve de civisme et se permettre de simplement discuter. » Simplement pour mieux vous attraper dans leurs filets par la suite. C'est aussi simple que ça. Et c'est la seule raison possible que je vois. Un long soupir traverse mes lèvres alors que j'évite au maximum son regard. Ce dernier me terrorise au plus haut point et je serais bien incapable de rester sereine en le croisant. Mr Douglas reprend enfin la parole, certainement dû à un silence pesant entre lui et moi. Il m'affirme vouloir un semblant de paix entre lui et moi ; entre une élève et un professeur. J'aimerais confirmer ses propos mais ma gorge semble nouée, serrée par la peur qui a grandi en mon être. J'avale difficilement ma salive alors qu'il range ses affaires, m'offre un sourire et retourne s'asseoir à sa place. Une fois assez loin de moi, je fixe mon regard sur ce sorcier en laissant un long soupir franchir mes lèvres. Il doit certainement me prendre pour une idiote qui croit aux rumeurs infondées qui circule dans l'université... Ma main tremble encore lorsque j'ouvre un autre livre pour me plonger dans la lecture. Mais j'ai beau essayé d'apprendre ce qui s'affiche devant moi c'est comme si je lisais une page blanche. La conversation avec ce professeur tourne dans ma tête, manquant presque de faire imploser mon crâne. Il ne peut pas penser ça de moi, c'est infondé. Il ne peut pas me croire aussi naïve. En arrivant à Wincap je me suis jurée d'être enfin moi-même ; d'être la Hae Lee tolérante qui ne juge personne sans preuves.

Fermant trop rapidement les livres faces à moi, je me lève soudainement de ma chaise en les attrapant à deux mains. Il me faut énormément de courage pour m'avancer jusqu'à la table de Mr Douglas, encore plus pour prendre place sur une chaise libre à ses côtés. Je prends plusieurs inspirations alors qu'il doit se demander pourquoi je débarque de cette manière près de lui. « J'ai menti. Ou du moins en partie. » Aller Hae Lee ! « Aucune rumeur sur vous n'est parvenue à mes oreilles. Ou du moins aucune négative. D'après les élèves de l'université vous êtes un bon professeur. Et je n'en doute pas. » Nouvelle inspiration. « Vous deviez le savoir. » Mes mains tremblent encore. Je m'accroche aux pans de mon tee-shirt afin qu'elles ne tremblent plus. Mais c'est peine perdue. Pourquoi faut-il que je sois si peureuse ? Gabriele aime beaucoup m'embêter à ce sujet. Jamais je ne serais un bon médicomage si je suis effrayée par tout et n'importe quoi. Les livres posés sur la table, je les fixe pour ne pas croiser le regard du professeur. Me tenir à ses côtés me demande déjà un effort surhumain. Me mordant la lèvre inférieure une nouvelle fois, j'essaie de trouver les mots juste à prononcer. Il a le droit de savoir ce que j'ai vu. Il a le droit de savoir que j'ai fouillé malgré moi dans sa vie privée. Après une longue inspiration je prends enfin la parole, plus déterminée que jamais. « En arrivant à Wincap je me suis jurée d'être toujours honnête. Alors je vais vous dire pourquoi je vous évite. » Je lève me main face à lui pour tendre mon doigt, veillant à ne pas croiser ses yeux bleus. « Mais avant vous devez me promettre une chose. » Inspire, expire. « La première : jamais vous ne raconterai à quelqu'un ce que je vais vous dire. Peu importe la raison, même s'il a des soupçons ; jamais une autre personne que vous ne doit le savoir. » On dit souvent que les promesses sont faites pour mieux être rompues. Qu'importe. Je peux cacher une vérité, mentir sur des choses anodines. Mais je ne veux plus jamais me faire passer pour ce que je ne suis pas.

Mes yeux se ferment tandis que la scène repasse derrière mes paupières. « La première fois que je vous ai rencontré c'était en vous bousculant. Et donc en vous touchant. » Il ne voit certainement pas où je veux en venir. Et c'est compréhensible. En quoi bousculer une personne est-il réellement gênant ? En rien. Sauf lorsque l'on se nomme Yoon Hae Lee. « C'est ainsi que se déclenche le don de voyance chez moi. » Autrement dit j'ai vu des choses sur lui qui me font avoir peur. Le fait qu'il n'ait jamais été très sympathique avant d'être ici, que c'est un pur menteur quant à ses origines, et qu'il ait abandonné sa petite soeur... Je ne comprends pas comment il peut vivre sous le masque du bon professeur en ayant un passé aussi chargé. Pour ma part je ne cache que ma relation amoureuse ; lui se cache lui-même. Comme s'il jouait un rôle sans être réellement lui. Sans être ce qu'il est. « Je sais qui vous êtes réellement. » J'insiste fortement sur le deuxième mot, tout en veillant à ce que toute cette conversation ne soit entendue que de nous deux. Je sais qui il est en réalité. Je sais qu'il cache son identité à tout Wincap. Et s'il peut mentir sur ça, alors il peut mentir sur tout.

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MessageSujet: Re: Time to tell the truth   Dim 30 Nov - 23:58

Time to tell the truth
Hae Lee Yoon ∞ James Douglas

Je cherche cette raison qui pousserait l’élève à me voir comme un démon, je cherche et je ne trouve rien d’autre que les possibles rumeurs prodiguées par les soins de mademoiselle Wada, mais qui sont étonnamment contrastés avec les dires à mon sujet, et au sujet de mes cours. Je n’ai pas d’explications qui me laissent penser qu’elle est l’auteure de cette peur naissante auprès d’Hae Lee Yoon. Néanmoins, je suis persuadée qu’il y a un rapport entre les deux jeunes femmes. Je masse ma nuque et tente de la calmer au mieux tandis qu’elle m’affirme ne pas vouloir chercher ces informations dans ma vie privée. Un fait qui peut radicalement évincer toute rumeur ou toute intrusion dans ma vie, soit, c’est donc un véritable mystère auquel j’ai à faire et qui ne me rendra pas la tâche facile.

J’énonce aussi ce civisme dont je fais preuve et son intelligence la pousse à me répondre que ça n’y change rien, bien au contraire. Pourquoi tout est affaire de confiance avec moi ? J’avouerais cependant que je préfère cette discussion plutôt que celles entretenues avec la précédente élève qui m’en veut pour des raisons tout aussi obscures. Cependant, cette dernière réagit avec beaucoup plus de calme et j’apprécie au moins qu’elle ne porte pas de jugement à mon égard. Je reste docile et m’éloigne en voyant les tremblements occasionnés par ma présence.

Je n’aurais jamais cru être capable de faire peur à ce point, dans toute ma vie, je n’ai pas le souvenir d’avoir inspiré pareille crainte, mais si je n’ai pas d’autre choix que de reculer pour qu’elle puisse respirer de nouveau, alors qu’il en soit ainsi. Je ne suis pas le bourreau, je suis dans beaucoup de cas de figure la victime de jugements dépassés et qui n’auraient pas dû me coller à la peau. Soit, je préfère qu’elle pense ce qu’elle veuille, mais qu’elle ne me prenne pas pour un détraqué, je ne suis pas de ce genre. Bien entendu, cela me peine d’être la crainte d’une personne alors que de toute ma vie, je n’ai jamais commis d’actes condamnables, du moins pas à ce point. Ma place retrouvée, je cherche tout de même à élucider le mystère, pensif. Je trouverais bien ce qui cloche et qui fait trembler les jeunes femmes, par deux fois.

Je n’ai pas le loisir de m’y pencher plus sérieusement, l’élève en question s’approche et prend place à mes côtés, tout aussi tremblante qu’une feuille en plein hiver, et me confit qu’elle s’est juré de ne pas mentir. Une bonne chose pour moi. Je dois promettre de ne rien dire sur ce qu’elle a entendu et je lève donc ma main pour jurer. En bon américain, je ne peux rompre une promesse, qui plus est à une élève à moins que cela soit bien au-delà de ma fonction.

« Vous avez ma parole »

Et je n’en ai qu’une seule, Dieu merci ! Je lui laisse le temps, cherchant son regard qu’elle me cache volontairement. Ce doit être pesant et pour cette raison, je concentre mon attention sur des parchemins face à moi, afin de ne pas la troubler, grattant de mon pouce le papier de sorte à détendre mes nerfs mis à rude épreuve. Ce que j’apprends, c’est qu’elle possède un don très rare et très précieux, autant que ma condition de métamorphomage. Elle m’a heurté sans le vouloir et vu des choses qu’elle n’aurait pas dû voir. Ses derniers mots me glacent le sang. Je ne sais pas ce qu’elle a vu, mais elle sait que mon sang n’est pas celui que je prétends posséder.

Je prends un certain temps, ne pensant pas m’être fait piéger si aisément. Je ne pouvais pas prévoir cet incident, ni même qu’elle posséderait pareil trésor en sa possession. Une chose est certaine, je suis à a merci d’une élève qui, je l’espère, n’emploiera pas ses connaissances à mauvais escient. Il me semble que par ses mots j’ai pu apprendre qu’elle ne le ferait pas, car je suis un bon professeur. Est-ce une raison suffisante pour conserver ce droit d’exercer ?

« Je… comprends mieux vos inquiétudes, mais quoi que vous ayez pu voir pour être effrayée à ce point, sachez que je n’ai jamais levé ma baguette pour faire le mal. Je ne pourrais mentir qui plus est, car votre précieux don révélera tout supposé mensonge »

J’offre néanmoins un sourire, cette fois beaucoup plus troublé que je ne veux bien le laisser paraître. Je n’ai jamais eu affaire à ma propre vie dans les yeux d’un autre que moi. Je peux donc comprendre que certains passages obscurs par bribes pourraient choquer et laisser entendre que je suis un véritable diable, mais il n’en est aucunement le cas et je voudrais avoir cette chance de le lui montrer. Cependant, je dois m’assurer que sa confiance sera toute à moi. Je ne pense pas avoir recours à d’autres méthodes qu’une discussion avisée sur le sujet, puisque chacun possède un secret qu’il a confié à l’autre ou sur le point de le faire.

« Gardez mon histoire secrète, je tairais vos capacités, soyez-en sûre »

Parler en ces lieux serait bien trop risqué, mais le faire seul à seul alors que nous ne nous faisons pas confiance pourrait la faire trembler d’autant plus. J’allais poser ma main sur son épaule, mais je ne m’y risquerais pas, me ravisant au dernier moment pour lui offrir un nouveau sourire.

« Bien, je pense que ce n’est pas le lieu et je ne voudrais pas non plus vous effrayer davantage en vous demandant un entretien seul à seul, je vous laisse donc le choix, si vous voulez savoir la vérité et vous débarrasser de cette crainte, ou si vous préférez garder cela pour vous tout comme je le ferais à mon tour. Dans les deux cas, je ne vous importunerais pas plus »

Je ne peux me permettre de la forcer à voir, je ne lui ferais aucune requête à ce sujet, la seule que je pourrais faire en tant que professeur c’est de lui demander certaine chose en raison de cette seconde crainte que j’entrevoie : celle d’un don précieux qu’elle ne sait pas encore maîtriser.

« Suis-je la seule personne à qui vous avez confié posséder ce don ? Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous aider à le maîtriser… encore que, vous avez dû voir que j’en possède un aussi. »
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MessageSujet: Re: Time to tell the truth   Lun 29 Déc - 0:33

Time to tell the truth


Une fois sa parole donnée je laisse les mots traverser mes lèvres afin de lui expliquer pourquoi je le crains autant. Le courage qu'il m'a fallu pour lui avouer ce secret m'épuise. Etrangement je tremble de moins en moins, ce n'est pas pour autant que la peur qui loge au creux de mon estomac rétrécie. Elle continue de courir dans mes veines laissant de temps à autre un frisson parcourir mon échine. Au moins il ne me fixe pas ce qui calme légèrement le rythme saccadé de ma respiration. C'est en terminant sur une phrase lourde de sens que j'ose enfin poser mon regard sur ses yeux bleus, comme si une telle révélation me donnait la force de lui faire face. Mr Douglas laisse son regard pénétrer le parchemin face à lui, le grattant doucement de son pousse. Le silence s'installe entre nous ; un silence de plus en plus pesant. Je n'aurais sans doute pas du lui annoncer cela de cette manière. Peut-être qu'il se sent intimement blessé. Ce n'est pas anodin qu'une personne puisse voir des choses en vous sans même que vous ayez décidé de lui en parler. Encore plus lorsque c'est une inconnue. Mon don m'exaspère. Mon empathie me permet de comprendre la blessure que j'inflige aux autres en violant leurs souvenirs, en m'immisçant dans leur intimité malgré moi. C'est pour cela que je n'en parle à personne et que j'évite au maximum tout contact physique. M'apprêtant à sortir de cette bulle où le professeur et moi-même sommes enfermés je m'arrête net lorsque sa voix parvient à mes oreilles. Quoique j'ai pu voir ? Une vie de mensonges, des actes peu charitables et peu vertueux. L'homme à mes côtés affirme qu'il ne peut mentir ; que si tel était le cas mon don me le révèlerait. « Ce n'est pas exactement à ce genre d'acte que j'ai pu voir dans votre esprit... » Ou plus précisément parmi les images de son passé. « Je n'ai rien vu concernant l'usage de... de votre baguette à des fins maléfiques. » Ce qui m'effrayait chez lui est bien pire qu'un simple sort malhonnête. Cela concerne son caractère, sa façon de vivre et ses actes passés. En aucun cas l'utilisation d'une quelconque magie... Même si cela me terrifierai. Je pourrai néanmoins le comprendre. Parfois un sort mal jeté, une mauvaise situation peut nous faire commettre des erreurs. Instinctivement ma main se pose sur ma hanche, à l'endroit même où un loup m'a mordue des années plus tôt. Non, c'est bien pire qu'un mauvais sort. C'est sa façon d'être, c'est lui tout entier. Seulement lui et non sa magie.

Le jeune professeur semble hésiter à poser sa main sur mon épaule ? Certainement. Quoi qu'il en soit sa main se ravise pour laisser apparaître un sourire sur ses lèvres. Sourire que j'essaie tant bien que mal de lui rendre. La peur crispe mes traits, je ne suis pas persuadée d'offrir mon plus beau sourire. La suite de ses mots tombent dans mes oreilles et je tente de les graver comme on les graverai dans la pierre. Vouloir connaître la vérité ? Pourtant j'ai vu la vérité. Pourquoi me dire une telle chose ? Je ne comprends pas réellement... « Me... me débarrasser de cette crainte ? Je pense connaître la vérité puisque je l'ai vue. Et je suis désolée d'avoir vu cela... » Si je ne l'avais pas vue je ne l'éviterai pas, et ne causerai pas autant de soucis à cet homme. Ni à moi-même. C'est étrange de voir à quel point il tente de justifier son innocence, à quel point il veut rétablir une sois-disante vérité. J'ai pu apercevoir ces méfaits. Comment croit-il pouvoir me convaincre de sa prétendue innocence ? Un profond soupir franchit la barrière de mes lèvres. Il a raison, jamais je n'accepterai de le voir seul. Mais au moins il promet de garder mon don secret. Et s'il a pu garder ses actes secrets je le crois capable d'en faire tout autant avec ce qu'il vient d'apprendre sur mon compte. « Comme je l'ai dit plus tôt je... Je mets un point d'honneur à garder toutes mes visions secrètes. Malgré ce que j'ai pu voir jamais je n'en parlerai à qui que ce sois. » Combien de fois devrais-je me répéter ? Est-ce le stress qui me fait dire sans cesses les mêmes paroles ? La peur grandissante ? Il est trop proche de moi, et je regrette presque d'avoir voulu me montrer si honnête. Un instant je ferme les yeux, priant pour qu'il s'en aille, pour qu'il vaque à ses occupations de professeurs. Pour qu'il me laisse enfin seule ici, que je puisse à nouveau respirer. J'ai l'impression d'avoir le souffle coupé. Comme si un millier de papiers de verres venaient venaient se frotter contre les parois de mes poumons. C'est presque insoutenable.

Le reste de son discours glisse vers moi. Sa voix semble presque bienveillante, presque emplie d'une étrange honnêteté. Je ne bouge pas jusqu'à ce qu'il m'annonce avoir lui aussi un don. Chose que je ne soupçonnais pas jusqu'à lors. Mon regard reste plongé dans cette main toujours accrochée à ma hanche. Dois-je réellement lui dire la vérité ? Je n'ai parlé de mon don qu'à Ethan, qui d'une certaine manière m'aide à le maîtriser. Même si je dois avouer que ce n'est pas une grande réussite. Dois-je pour autant lui dire cette vérité ? Et si cela mettait le garçon en danger ? Pourrais-t-on me reprocher un mensonge par omission ? Ma tête est envahie de questions et il me faut un court laps de temps pour trouver les bons mots. « Une seule fois à un jeune homme. A part lui vous êtes le seul. » Et seulement par omission car j'ai fait une grande erreur auprès d'Ethan. Mon souffle se fait à nouveau régulier, comme si mon corps s'habituait enfin à la présence de Mr Douglas. Lentement je lève mon regard vers lui, croisant le bleu profond de ses yeux. Même son regard me déstabilise. « La... vision que j'ai eu ne m'a pas permis de déterminer votre don. Pour être honnête je n'en soupçonnais pas même l'existence. » Pour tout dire mes visions ne sont que des images, ou bien une succession d'images donnant presque un effet de mouvement. De plus elles sont souvent floues, notamment lorsqu'une personne tente de les cacher. L'esprit est bien plus compliqué à comprendre que ce que l'on veut nous faire croire. « J'ignore quel est votre don, même si je dois vous avouer que cela attise ma curiosité. » Je me racle un instant la gorge, essayant d'être un peu plus claire dans mes mots. « Ce que j'entends par là est: comment comptez-vous m'aider ? C'est... c'est bien ce que vous avez proposé ? » Dans les histoires moldus il est souvent répété que les personnes en détresse sont prêtes à accepter n'importe quel marché juste pour s'en sortir. Je pense que nous ne sommes pas tant différent qu'eux et que nous leur ressemblons bien plus que ce que l'on veut bien admettre; nous les sang-pur. Après des années à supporter ce don, je suis capable d'accepter l'aide de n'importe qui pour m'en sortir. Même de celui qui me terrifie le plus. Qu'est-ce que j'ai à perdre ? « Vous n'êtes certainement pas le seul à Wincap à posséder un don. » Mais peut-être est-ce le seul à pouvoir m'aider ? Suis-je capable de parler à tous de ce don que j'ai juste pour trouver quelqu'un capable de m'aider ? C'est un don rare, souvent convoité. Je ne serai certainement pas capable d'endurer cela... Mes mains se posent doucement contre mon front. Accepter ou refuser ? Que dirais Gabriele ? Comment réagirai-t-il ? Que me conseillerai-t-il ? Certainement de faire ce qui est le mieux pour moi, pour ma santé et mon esprit. Ce qui peut m'aider à aller mieux. Mon regard se pose sur mes doigts tremblant. « Je ne pense pas être prête à entendre toute la vérité sur votre passé; si vous vouliez réellement me le révéler. Pour autant je peux vous dire ce que j'ai vu. » Mon regard glisse du parchemin à son visage. « Je ne peux rien vous offrir d'autre en retour que ma franchise et mon honnêteté. » Au cas où il exigeait autre chose de ma part. Un trop long soupire s'échappe de mes lèvres. Dans quoi me suis-je à nouveau embarquée ? Pourquoi ai-je tant besoin d'aider les autres ? Pourquoi puis-je même faire confiance à celui qui me terrifie le plus ? Jamais je ne le comprendrai...

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MessageSujet: Re: Time to tell the truth   Ven 2 Jan - 18:02

Time to tell the truth
Hae Lee Yoon ∞ James Douglas

Je cherche dans la poussière ce qui a bien pu la troubler et hormis ce changement de visage fréquent, je n’ai commis aucun acte condamnable, peut-être était-ce simplement ces corps auprès desquels j’étais couché. Elle aurait pu croire que je les ai tués alors qu’ils étaient déjà morts. Quoi qu’il en soit, je ne suis pas l’homme malveillant qui la terrifie, je ne suis qu’une victime et j’ai horreur de l’admettre, mais je le ferais si nécessaire pour qu’on cesse enfin de me prendre pour celui que je ne suis pas. Mon passé s’évertue à me rattraper et c’est une chose qui ne me convient pas tant j’en ai souffert et j’en souffre encore. Ma sœur, que j’ai délaissé me manque depuis le jour où cela s’est produit. Il n’y en a pas un durant lequel je ne pense pas à elle. Je déglutis, ravalant ma salive difficilement en essayant de ne pas laisser paraître ma blessure.

L’élève m’assure qu’elle croit à mon innocence quant à l’usage de magie noire et cela me rassure. Je ne suis pas un meurtrier. Je suis peut-être juste un mensonge béant auquel elle n’essaie pas de trouver de solution. Je lui propose de se débarrasser de cette crainte, chose qu’elle réfute et bien entendu être seul à seul ne l’emballe pas, c’est tout naturel. J’ai envisagé cette possibilité comme bien d’autres pour être certain de choisir les bons mots, car je les manie aussi bien que mon don et cela, sans mentir. J’ai été le plus honnête du monde, je ne cherche pas à la piéger, je cherche à ce qu’elle ne se méprenne pas. J’esquisse un sourire quand elle m’affirme connaître la vérité. Comment le peut-elle ?

« Ma vie est faite de beaucoup de mensonges, cela m’étonnerait que vous ayez pu démêler le vrai du faux »

Je n’en ajoute pas plus, faisant des mystères non pas pour la pousser à chercher plus, mais parce qu’il est invraisemblable qu’elle puisse me connaître aussi bien qu’elle le prétende sur un petit bout de mon passé. Et aussi parce que je n’aime pas spécialement parler de cette période de ma vie que j’ai fui des années durant. Ce ne sera pas évident, ni pour elle ni pour moi. Je ne sais toujours pas ce qu’elle a vu et cela me frustre, puisque je passe pour le vilain de l’histoire quand en réalité je ne suis qu’un figurant. J’ai pris ma vie en main très tard contrairement à d’autres, sans doute le traumatisme de ces pertes consécutives. Chacun gardera le secret et je suis soulagée, elle preuve d’autant de paroles que moi, ou du moins que l’homme que je suis devenu. Je n’ai pas toujours été aussi droit, mais jamais je n’ai fait preuve de fourberie, je peux au moins me vanter de cela.

Par curiosité, je m’intéresse à ce précieux don qui me semble être un fardeau de la façon dont en parle cette petite et je peux tout à fait comprendre, possédant moi-même une faculté rare et difficilement maîtrisable. Néanmoins, j’ai eu de bons précepteurs pour apprendre à contrôler cela, dès mon plus jeune âge : mes parents, notamment ma défunte mère. Ce n’est sans doute pas le cas de mademoiselle Yoon. Je lui ai proposé mon aide, puisque cette unique personne au courant à part moi ne semble pas satisfaire la demoiselle, cela tourne donc à mon avantage. Je suis surpris d’apprendre que rien n’a de rapport à la magie dans ses visions de mon passé, des bribes qui devraient être inoffensives et qui ne le sont visiblement pas à en juger les regards qu’elle me porte.

« Je suis métamorphomage, un don aussi précieux que le vôtre et tout aussi difficile à maîtriser. C’est à force d’exercice que vous pourrez y arriver et je ne vous demanderai pas de vous exercer sur moi, rassurez-vous. J’ai étudié la psychologie magique et non magique. Je n’ai pas eu l’occasion d’aider avec mes connaissances en la matière. J’aimerais sincèrement pouvoir vous y aider »

Bien qu’elle doute sûrement de ma parole. Je mords ma lèvre légèrement, faisant bouger ma mâchoire inférieure tandis que je réfléchis à une façon de lui expliquer concrètement ce que je pourrais lui apporter, en tant que professeur et connaisseur. Sa méfiance refait surface et j’ai droit à une leçon que je ne suis pas près d’oublier. Je laisse même échapper un rire quand elle m’annonce que je ne suis pas le seul dans cette situation. Il est vrai que beaucoup de cas recensés ou non, de dons et de magies puissantes se sont retrouvés à Wincap, capitale magique dans l’espoir d’y trouver leur place, ce que je comprends tout à fait.

« Je le sais, mais je fais partie des rares personnes à qui vous vous êtes confié à ce sujet »

Ma main passe délibérément dans ma nuque. Je ne suis pas nerveux, mais je crains simplement que cette remarque la vexe alors que je lui renvoie seulement ses propres craintes. Je ne compte pas ébruiter la chose, je le lui ai dit, je le lui ai juré en quelque sorte. Je n’irais pas jusqu’au serment inviolable, mais il en va de mon honneur déjà compromis à ses yeux, je ne dirais rien. Les promesses qu’elle me fait me soulagent en même temps qu’elles me frustrent, je ne peux pas concevoir que je sois le monstre qui serait prêt à demander quelque chose en échange.

«[color=#003399 La seule chose que je réclame c’est d’avoir cette chance de vous prouver que je ne suis pas si mauvais que vous avez l’air de le croire, je ne demande et ne demanderais rien de plus que cela mademoiselle, je vous fais confiance pour ce qui est de votre discrétion et de votre sincérité, je n’en doute pas[/color] »

Pourquoi est-ce que j’en douterais ? Elle aurait déjà pu parler de cette affaire si elle en avait voulu et j’aurais eu des problèmes plus graves qu’une élève effrayée. De mon côté, garder un secret fait partie de moi, puisque mon passé entier en est un, en quelque sorte.

Ma présence la trouble toujours et je m’éloigne quelque peu, rassemblant mes affaires pour fixer un rendez-vous ici même à la bibliothèque. Puisqu’elle est toujours fréquentée, il me semble que ce sera un bon exercice de pouvoir parler. Un sort que je lancerais nous permettra de garder nos mots pour nous, aucun autre ne sera en mesure de les entendre et pourtant, nous pourrons entendre tout ce qui se dira autour. Un subterfuge que j’ai appris il y a fort longtemps et qui m’a bien été utile pour préserver bon nombre de mes périples.

« Je vais vous laisser à présent. Je vous remercie d’avoir été honnête avec moi et sachez que je le serais tout autant, j’espère que nous nous reverrons, d’ici là, je vous souhaite de passer une bonne journée, Mademoiselle Yoon »


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