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 And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel

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MessageSujet: And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel   Dim 11 Jan - 7:08


And here I thought you were dead


Je suis faible.

Ce n’est pas là une plainte, ou l’expression d’une crise existentielle. Il s’agit plutôt d’une simple remarque relatant un fait que j’ai fini par assimiler et accepter. Il ne s’agit pas de faiblesse physique, je ne suis pas d’une puissance mirobolante, mais je sais me défendre si le besoin s’en fait sentir. Il ne s’agit pas non plus de faiblesse d’âme, une histoire triste ne parviendra pas à m’émouvoir aux larmes, une plaisanterie ne me tirera pas plus qu’un léger rire – et encore. Il ne s’agit pas de faiblesse d’esprit, je suis, au contraire, plutôt bien ancrée dans mes chaussures et dans mes pas. Par contre, oui, je l’avoue, ou plutôt, je le confesse, je suis faible de convictions. Je me laisse facilement convaincre, et je ne réussis pas souvent à dire non, dés lors que l’on sait comment me le demander. A quoi est-ce que ce trait de caractère pouvait bien être dû, je n’en avais idée, mais je maudissais, par principe, mon code génétique. Lorsque, lors du premier de l’an, j’ai pris mes premières « bonne résolutions », je ne pensais pas qu’elles seraient aussi radicales – ce que l’alcool vous pousse à faire ou à dire – ni même qu’elles me changeraient autant la vie. Je le répète, je ne m’en plains pas. C’est même, au final, plutôt drôle. Agir comme si rien d’autre n’importait que le moment présent.

Ainsi, tout à fait consciente des cours qui se profilaient le lendemain, j’avais décidé de sortir un peu. WINCAP était, finalement, assez bien faite. On pouvait trouver tout type de personne n’importe où, il était facile de s’y intégrer, facile de s’y perdre, facile de s’y oublier. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point cette société à laquelle j’avais été initiée neuf ans auparavant pouvait me convenir. J’avais rapidement enfilé une tenue assez sobre, n’étant pas vraiment certaine du bar, ou de la boite dans laquelle j’allais terminée ma nuit. Le noir restait, même si je détestais l’avouer, une teinte passe-partout. Après quelques tests, j’avais opté pour des ongles assez longs et vernis de noir, ainsi que d’un maquillage discret, avec du rouge sur les lèvres, histoire de donner une petite impression de sophistication. J’avais beau être à WINCAP, j’avais tout de même des standards d’élégance assez élevés. Hors de question que je ne devienne une Paris Hilton version baguette magique intégrée. J’avais attaché une partie de mes cheveux en arrière, tout en sachant très bien qu’au fil de la soirée, j’allais les attacher en un chignon mal fait, histoire de contrer la chaleur qu’allait me conférer l’alcool.

Beladone’s Area n’était pas, en soi, mon lieu favori. Le coin était tout à fait charmant dans son style, mais les ruelles de Provence restaient ce qui occupait la première place en mon esprit. Pourtant, il s’agissait là du quartier étudiant le plus en vogue, sans aucun doute. Je ne comprenais vraiment pas ce que pouvait trouver les jeunes, moldus et sorciers, de si attrayant dans la culture américaine. M’enfin. Au détour d’un carrefour, je finis enfin par atteindre l’établissement que je convoitais. Le Dragon’s Roar. Si on m’avait, quelques années auparavant, que je finirai par préférer l’ambiance d’un pub de sportifs, aux soirées trop guindées de la noblesse française ou européenne, j’aurais sans aucun doute rit, avant répliquer froidement à la nuisance. Mais, au final, c’était le cas. Il y avait quelque chose de libérateur dans cet endroit. Comme si, à partir du moment où on connaissait les règle du Quidditch, peut importait le reste, tout se passait bien. Hormis lorsque les bagarres de fanatiques commençaient, évidemment. Mais ça fait partie du sport, non ?

A peine la porte franchie, que déjà le brouhaha incessant du lieu vint m’importuner les oreilles. Mon corps se détendit immédiatement à la chaleureuse ambiance qui se dégageait de la salle. Avec la force de l’habitude, je me faufilais jusqu’au bar, commandant immédiatement un premier shot de tequila, nécessaire à tous mes débuts de soirée. C’était devenu, au fil du temps, comme un rituel. Entrer dans un pub. Prendre un shot de tequila – ou de 151 pour les soirées les plus folles. Une fois le shot descendu, et une fois le shot descendu seulement, s’asseoir sur l’un des hauts tabourets installés au bar. Papoter avec les bartenders. Attendre quelques instants – en général une petite dizaine de minutes – puis se commander un cocktail – souvent offert par un client bien avenant. Puis, une fois que l’alcool commençait à faire effet, discuter avec de parfaits étrangers, flirter un peu, parfois beaucoup, retourner au bar commander, manger quelques petits coupe-faim – ou éponge-alcool… Cette soirée ne ferait pas exception.

« Ilya’ ! Et ben, ça faisait un moment. » Le barman déposa devant moi le petit verre rempli du liquide légèrement doré, ainsi qu’une demi-rondelle de citron. De part ma nature profondément moldue, j’avais gardé l’habitude de ne boire que des alcools plus ou moins traditionnels. Tous les whisky-pur-feu et autres spiritueux sorciers n’avaient pas vraiment la côte chez moi. Quoique, une petite Bièraubeurre de temps à autres ne faisait pas de mal. Mais cela restait tout de même une exception. Je ne pus m’empêcher de sourire à la remarque du jeune homme. C’était peut-être stupide, mais savoir que quelqu’un, ici, surveillait mes allées et venues était assez flatteur, et tout à fait adorable. En un sens tout du moins. « J’avais quelques examens importants, pas vraiment le temps de passer. Mais pas de quoi s’alarmer, je reviens en force. » Tout en levant mon verre vers lui, je descendis rapidement la tequila avant de croquer dans le citron. La soirée pouvait commencer.

Alors que je passais le temps tranquillement, parlant avec les différents bartenders que je n’avais pas revus depuis un moment, mon horloge interne m’indiqua que les dix minutes rituelles venaient d’être atteintes. Et, avec la régularité d’un métronome, un cocktail prit place devant moi. Gin Fizz vu la teinte qu’avait pris l’alcool, et l’odeur citronnée qui s’en dégageait. Le barman m’indiqua d’un geste la table d’où provenait l’offre, et, alors que je me retournais pour prendre connaissance du généreux donateur, tous mes muscles se figèrent en cours de route. Je n’avais même pas encore posé le regard sur la table qu’elle se tenait là, devant moi. Un violent frisson me parcourut la colonne vertébrale alors que mon cerveau me murmurait un « Cassandra Adelia  Sae Jin Della Valle Moon, fille de la Matriarche Meliora, Case Vecchie », et que mon esprit listait les différentes occurrences de nos rencontres. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire ici ? Une sorcière. Elle était une sorcière, ou, au moins, une Cracmol. Je me ressaisissais finalement, tout en sachant pertinemment qu’elle avait dû percevoir mon trouble.

« C’est une surprise de te voir ici. » Et moi qui, et cela avait toujours fait ma fierté, étais d’une grande éloquence, je me voyais réduite à lancer une pauvre phrase d’une banalité affligeante. « Tu es donc une sorcière. Amusant. Comme quoi, on se ressemble plus que je n’aurais jamais pensé. Ce que la Destinée peut être joueuse… Je pensais que tu étais morte, en réalité. Bien que, j’imagine que j’aurais été conviée à ta mise en terre. Une petite erreur d’appréciation de ma part, je suppose. »

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MessageSujet: Re: And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel   Lun 12 Jan - 0:21


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« Tu comptes faire quoi ce soir ? » La voix d’Alvaro s’éleva dans l’appartement de Cassandra, ne la surprenant guère. Elle n’avait pas invité son frère, mais il s’était – encore une fois – invité seul. Rien de nouveau sous le parchemin. Et sa question n’indiquait rien de bon, mais dans l’immédiat, Cassandra n’avait pas envie de se prendre la tête, alors elle tourna simplement la page de son livre, ne bougeant pas de sa place sur son lit. Au bout des dix-neuf ans d’existence du deuxième garçon de la famille Della Vella Moon, elle avait appris à ne plus toujours se soucier de ce qu’il faisait. Ce serait bien trop fatiguant sinon, et lui mangerait une partie de sa vie qu’elle n’avait plus à lui accorder. Il ne fallait pas se méprendre, elle adorait son frère, elle aimait sa famille plus que tout. Mais il était désormais un grand garçon, et pouvait se gérer seul. En général. Du coup, même s’il s’invitait à l’improviste chez elle, elle avait décidé de ne pas s’en soucier ce n’était pas comme si il allait détruire quelque chose. Il savait qu’il risquait sa vie à ce niveau-là, Cassandra tenait beaucoup à ses affaires.

« Caaaaaaaass’, je te paaaaaaarle. » « Et moi je t’ignore. » Sans lever les yeux de son livre, Cassandra avait soupiré, et consenti à répondre. Histoire d’avoir la paix. Mais bien évidemment – comme elle s’en doutait – ce fut le contraire qui se produit. Rapidement, elle entendit les pas de son frère dans son escalier en fer forgé alors qu’il descendait la rejoindre dans sa chambre. Et tout aussi rapidement, une masse humaine s’abattit sur son lit, la faisant soupirer de nouveau. « Tu ne peux pas m’ignorer ! » « La preuve que si. »  « Nan ! » Excédée, Cassandra referma son livre violemment, mais le garda en main, caressant l’idée de l’utiliser pour frapper son stupide frère énervant. Il était tellement impossible à vivre, agissant de manière plus puérile que leurs jeunes frère et sœur qui avaient pourtant dix-sept ans. Décidée à se débarrasser du nuisible, Cassandra lui porta finalement son attention. Plus vite elle s’en occupait, plus vite elle était tranquille. « Bon Alvaro, qu’est-ce que tu veux ? » Un immense sourire mi-vorace, mi-innocent se forma sur les lèvres de son frère. Il avait une idée en tête, indéniablement. « Je peux rester dormir ici ce soir ? »

Et voilà, elle en avait été sûre, et encore une fois, elle avait eu raison. A son plus grand damne. Un jour, peut-être, il saurait la surprendre. Quoique, connaissant le caractère de la maison, ce n’était sûrement pas la meilleure des idées. « … d’accord. » Ce qu’elle était faible quand elle ne voulait pas se prendre la tête avec un membre de sa famille.

Et c’était ainsi que deux heures plus tard, elle se retrouvait dans les rues de Wincap. Un Alvaro en pleurs devant une comédie à l’eau de roses, elle avait déjà donné, et elle n’avait aucune envie de supporter ça encore une fois. A la place, elle s’était pouponnée, habillée pour l’occasion, et avait décidé de rejoindre son pub favori, le Dragon’s Roar. Par-dessus sa robe blanche, elle avait revêtu une longue cape noire à la mode moldue, ne souhaitant pas attraper froid en ce mois de janvier de la nouvelle année. Assez rapidement, elle arriva à destination, ravie en avance de retrouver la chaleur des lieux. Elle était tombée en amour avec ce pub la première fois que l’équipe de Quidditch de sa communauté, les loups, l’y avait emmenée. Batteuse de son état, elle avait y retrouvée l’amour de ce sport magique, mais également une ambiance de rires, de blagues, de fêtes et d’alcool. En résumé, de quoi passer une excellente soirée !

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Depuis, elle aimait y passer des soirées entières, en groupe ou seule. Car elle savait que même si elle venait seule, elle aurait quelqu’un avec qui passer la soirée. Soit l’un des barmans, qui étaient toujours géniaux et amusants ; soit un jeune homme, ou une jeune femme, présent au pub et qui saurait l’occuper pour la soirée… et plus si affinités s’il le fallait. Et elle se moquait bien de se dire qu’elle risquait de déranger son frère ce soir-là. Il n’avait qu’à pas rester chez elle. Sur cette pensée positive, Cassandra entra dans le bar, saluant d’un mouvement de tête les personnes présentes. Accrochant son manteau à l’entrée, elle savait que sa robe était on ne peut plus sulfureuse, mais elle avait toujours été ainsi, sûre d’elle et sûre de son corps.

Avançant vers le bar, elle ralentit peu à peu, remarquant la personne qui y était assise et qui se tourna dans le même mouvement vers elle. Un sourire presque sadique se dessina alors sur les lèvres de Cassandra. « Ilyasvel de Savoie. » Oui, c’était bien la jeune noble qui se trouvait devant elle. Elle était une sorcière, mais cela ne l’étonnait guère, au vu du nombre d’amis qu’elle avait rencontré en monde moldu avant de réaliser qu’ils étaient sorciers eux aussi. Elle avait énormément grandi, mûri surtout, depuis la dernière fois que Cassandra l’avait vue, quatre ans auparavant. Mais elle se demandait si Ilyasvel avait réellement changé. La jeune fille de bonne famille qui suivait chaque règle qu’on lui imposait et qui courbait l’échine sous la pression avait-elle changé ? Cassandra avait tendance à croire que oui au vu de la présence de la jeune femme dans un tel pub. Et les mots qui suivirent ne firent que confirmer cette impression. Oui, la petite Ilyasvel avait bien grandi.

N’hésitant pas un instant, Cassandra s’installa sur un tabouret haut juste à côté d’elle, son sourire amusé toujours aux lèvres. Elle se tourna tout d’abord vers le barman, souhaitant épancher sa soif. « Un Blue Lagoon s’il-te-plaît Tom’. » Une chance qu’ils servent des boissons moldues également. Puis elle reporta son attention sur la jeune femme à sa gauche. « Désolée chérie, je ne pensais pas que je t’avais tant manquée, ni que je t’avais inquiétée avec ma ‘disparition’. » Une main posée sur son bras, elle se pencha vers elle, presque séductrice. Comme toujours, elle voulait surtout faire réagir Ilyasvel, faire tomber ce masque de bienséance, et la voir telle qu’elle était en réalité. « Mais je suis là maintenant petit cœur. » Cassandra rit en se redressant, attrapant son cocktail de sa main droite afin d’en boire une gorgée. Elle allait s’amuser grandement.

« Je pense qu’on est bien plus de la noblesse à être sorcier sans qu’on le sache. Après tout, les nobles ont toujours été les puissants, ça doit bien cacher une petite part de magie tout ça ! » Elle travaillait cette théorie depuis un moment, même en sachant que sa mère était née-moldue. Il lui faudrait se pencher sur l’arbre généalogique de la famille italienne, peut-être qu’elle y trouverait des racines sorcières. « Alors, qu’es-tu donc ? Né-moldue, sang-mêlée, sang-pure ? Quel est le secret de la famille de Savoie ? » Un nouveau rire, une nouvelle gorgée. Elle appréciait réellement Ilyasvel, cela la tuait juste de la voir si soumise, alors qu’elle décelait en elle un grand potentiel. Et Cassandra aimait exploiter les potentiels. « Que fais-tu à Wincap ? Tes études ? Laisses-moi deviner, mademoiselle l’héritière des de Savoie ne peut pas être en n’importe quoi… future responsable au ministère ? Avocate, ou bien juge ? En tout cas, je suis bien surprise de te voir si loin du nid familial. Ils t’ont laissée partir aussi facilement, alors qu’il y a une université magique en France ? Grande avancée. »

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MessageSujet: Re: And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel   Lun 12 Jan - 12:23


And here I thought you were dead


Je ne sais pas si ce fut son sourire, ou l’éclat presque malicieux qui pétillait dans ses yeux qui me fit tiquer le plus, toujours fut-il que je décidais, en cet instant, que je trouvais sa présence gênante. J’aurais pu aller jusqu’à dire son existence même, mais je suppose que ma conscience m’en empêchait, sachant pertinemment que c’était bien trop hyperbolique pour être vrai. Je n’étais pas vraiment sûre de ce que signifiait cette réaction qu’elle avait eu de prononcer mon nom. Ce n’était pas comme si j’avais véritablement tant changé depuis notre dernière rencontre, et, sans me vanter, je n’étais pas non plus le genre de personne que l’on pouvait oublier facilement. Etait-ce une manière pour elle de nous renvoyer en Italie, quelques années auparavant ? Ou était-ce simplement là que l’expression d’un fait ? Comment pouvait-elle, en trois petits mots d’une évidence enfantine, me déstabiliser autant ? Je sentis plus que ne la vis s’installer sur le tabouret à côté du mien, et passer commande. Une boisson purement moldue, ce qui me fit me détendre légèrement. Même si nous nous trouvions en territoire sorcier, nous restions un peu les mêmes qu’autrefois. A moins que sa famille n’eut toujours eu un pied dans la magie.

Il ne me fallut qu’une seconde pour évaluer la situation et les options qui s’offraient à moi. Rester ici, et papoter avec elle, feignant d’être intéressée par sa personne et ses récentes aventures. Aller voir le jeune homme qui m’avait offert le verre que j’avais toujours en main, et que je n’avais pas encore remercié. Quitter les lieux. Cette dernière option était, bien évidemment à proscrire. Je n’étais pas du genre à fuir sous prétexte que les prochaines heures pouvaient devenir les plus inconfortables de toute ma vie – non, je n’ai pas du tout le sens de l’hyperbole. La deuxième aurait été un judicieux choix… Si l’homme en question n’avait pas au moins trois fois mon âge et une tâche de café absolument hideuse sur sa chemise blanche. A croire que les astres avaient déjà décidé pour moi. Tout en retenant un soupir, et en levant mon verre vers mon généreux donateur, je fis pivoter à nouveau le tabouret, m’accoudant au bar. Cette soirée allait me demander tout mon self-control, j’en étais persuadée. Inconsciemment, j’avais basculé dans ce mode presque automatique, me tenant droite, les jambes gracieusement croisées, un léger sourire poli sur les lèvres. La voir, elle, ici, c’était un véritable télescopage de mes univers. C’était inédit. Et je détestais ça.

Une minute. Chérie ? Elle ne s’était décidemment pas arrangée avec le temps celle-là. Chérie ? On n’avait pas élevé les cochons ensemble, parbleu ! Mon regard tomba sur la main qu’elle avait posée sur mon bras, et je sentis mes yeux s’écarquiller légèrement. Mais qu’est-ce qui pouvait bien l’avoir piquée ? Petit cœur ? Mais… « Je ne crois pas avoir mentionné quelque part le fait que tu m’aies manquée ou que je me sois inquiétée. Mais soit. » Je ne pus empêcher ma voix de trembler légèrement. Je n’étais pas vraiment sûre qu’il s’agissait là d’une évidence de mon malaise, de ma colère, de mon mécontentement, des questions qui fusaient dans mon esprit ou de instabilité émotionnelle actuelle, mais une chose était sûre. Ça ajoutait encore à ma frustration. Il allait falloir que je me calme, et rapidement, si je ne voulais me retrouver dans une bien mauvaise posture. Ah, parler de généalogie, ça, c’était facile. J’hochais la tête lentement, comme pour indiquer que je trouvais sa théorie intéressante. Alors qu’en réalité, pas du tout… Bon… D’accord… J’admets que si, un peu. Mais vraiment un tout petit peu. Juste histoire de dire que ça pouvait être possible. « J’imagine que certains généalogistes se sont déjà penchés sur le problème. Il doit y avoir quelques rapports rédigés quelque part dans le monde. En Europe, je suppose. Après tout, l’Europe reste la base de la culture moldue. Et le besoin des nobles de se marier entre eux aurait tout à fait pu commencer par un besoin de conserver la magie dans leur sang. »

Hm. Ça, ça sonnait bien trop comme quelqu’un totalement d’accord avec sa théorie. On avait décidé d’être juste un peu d’accord… Je levai mentalement les yeux au ciel devant tant d’indiscipline de mon propre corps face à mon esprit, puis pris une gorgée de mon cocktail, avant de manquer de m’étouffer face à la question que la Moon venait de me poser. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, mes origines sorcières ? Je ne pouvais pas m’empêcher de redouter ce genre de questions. Mes premières années à Beauxbâtons avaient été particulièrement éprouvantes, notamment à cause de ce statut de Née-moldue qui m’avait fait descendre drôlement bas dans l’échelle sociale. Et Dieu seul savait à quel point l’échelle sociale était importante pour une de Savoie. Je fixai mon regard sur le liquide contenu dans mon verre avant de marmonner un « Née-moldue. » fort peu engageant. En temps normal, j’aurais retourné la question. Mais c’était exactement le genre de conversation que je préférais éviter avec une personne qui se trouvait à la fois dans le monde sorcier que je fréquentais, et dans le monde moldu auquel j’étais associée. Jusque là, j’avais toujours réussi à séparer parfaitement mes deux vies, et il avait fallu que la Moon débarque. En même temps, ça ne me surprenait pas vraiment que ce soit par sa personne. Certaines personnes sont faites pour foutre le bordel dans la vie de certaines autres.

« On ne peut décidemment rien cacher à Cassandra Moon. » répliquai-je par réflexe. Inconsciemment, je sentais que ses piques et autres provocations étaient en train de m’atteindre plus que prévu. Elle avait toujours réussi à faire ressortir le pire qu’il existait en moi, et ce, avec une facilité déconcertante. Je détournai enfin les yeux de mon verre pour les fixer dans les siens, laissant s’installer le sourire narquois qui me titillait les lèvres depuis trop longtemps déjà. « Responsable au Ministère ? Au Ministère Magique ? Allons, je te pensais plus intelligente que cela. Crois-tu vraiment qu’un de Savoie s’installera un jour dans ce monde ? La politique magique est, certes, intéressante, mais totalement inutile dés lors que je retournerai dans mon monde. » J’avais décidé d’utiliser le possessif « mon », au lieu du « notre ». Peut-être parce que cela faisait longtemps déjà que je ne la considérais plus vraiment comme une noble moldue. Ou peut-être pour lui rappeler aussi que je n’avais aucune intention d’abandonner la voie que l’on avait tracé pour moi. D’aussi loin que je me souvienne, elle avait toujours eu ce besoin de rendre ma vie plus difficile en cherchant à m’éloigner de ce que j’étais censée devenir. « Sinon, belle seconde tentative. Tu es tout de même un tantinet perspicace. Non pas que ça me surprenne. Et toi ? Que peux-tu bien faire ici ? Des études, je suppose ? Reste à savoir quel genre. Histoire de coller au stéréotype de l’incomprise qui abandonne ses titres de noblesse afin de partir faire carrière dans l’art, je pencherais pour quelque chose type photographie, peinture voir sculpture. Mais ça aurait sans doute fini par te lasser. Une tête-brûlée comme toi a besoin d’action. Quelque chose qui n’exige pas trop de travail de bureau peut-être ? En rapport avec les animaux, type éleveuse ou dresseuse ? Ou alors le genre policier, attraper les méchants, syndrome du héros et tutti cuanti ? »

Je me rendais bien compte que je blablatais. Je détestais quand je faisais ça lorsque j’étais une de Savoie normale. Mais j’étais ici dans le monde magique, et j’étais bien loin de la persona que je pouvais afficher là-bas, à Saint-Martin-Vésubie. Je laissai une nouvelle gorgée de Gin Fizz inonder mon gorge alors que je réfléchissais silencieusement à ses derniers propos. Elle n’avait pas besoin de savoir qu’il m’avait fallu utiliser tout le savoir-faire des de Savoie pour réussir à manipuler mon père et le patriarche pour parvenir à continuer mes études, déjà, et pour les continuer ici, ensuite. Et en même temps, j’avais cette envie presque malsaine de le lui dire. Comme pour lui démontrer ce que je savais faire. Avoir réussi un tel tour de force était, pour moi, comme la meilleure vitrine de mon talent. « Disons simplement qu’ils ont su que cette université était probablement la meilleure pour parvenir à tisser des liens utiles pour la suite. Ce n’est pas à une noble que j’apprendrai que ce genre de lieux cosmopolites est parfait pour préparer son carnet d’adresses. » Et, même si j’avais envie d’ajouter qu’en fait, si, je pensais carrément que j’étais en train de lui apprendre ce genre de choses, je préférai m’abstenir. Je n’allais pas sortir les griffes de suite, il valait mieux attendre de voir comment la conversation allait évoluer.

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MessageSujet: Re: And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel   Mer 14 Jan - 22:26


And here I thought you were dead


S’il y avait bien une chose qu’il fallait avouer sur Cassandra, c’était qu’elle aimait embêter les gens. Elle n’était pas méchante, non, plutôt… taquine. Mais c’était réellement un de ses passe-temps favoris, et ce depuis qu’elle était en âge de comprendre les émotions des autres. Soit jeune, très jeune. Et depuis, elle avait été telle une peste vivante pour certaines personnes. Comme elle le disait, jamais méchante. Mais vraiment enquiquinante. Et concrètement, c’était ce qu’il se passait avec Ilyasvel depuis qu’elle la connaissait, soit quelques années, environ sept ou huit ans. La jeune fille était un tel sujet d’expériences pour Cassandra, qu’elle le savourait. Avoir à faire à une jeune fille de bonne famille aussi coincée et la pousser hors de ses gonds, elle s’en délectait. Jamais méchante, toujours embêtante.

Mais au fond, elle appréciait réellement Ilyasvel. En fait, elle avait pitié d’elle. Non, pas de la pitié. Plutôt de la tristesse. Oui, Cassandra était triste pour Ilyasvel. Toujours coincée dans ses obligations, toujours un sourire de politesse, toujours les mots qu’on lui avait dicté. Jamais ses réelles émotions. Sauf dans ses yeux. Dans les yeux de la jeune de Savoie, on pouvait souvent lire ce qu’elle pensait réellement. Ennui. Obligation. Fatigue. Tristesse. Et Cassandra avait été touchée par ces émotions. Elle avait espéré que bouger Ilyasvel lui permettrait de vivre par elle-même, et têtue comme elle était, elle ne s’était jamais avouée vaincue. Même pas aujourd’hui encore. Car malgré tout cette apparence de fille de feu, bornée, séductrice, passionnée, Cassandra savait être sérieuse aussi. Mais sa particularité, c’était d’enchaîner sérieux et rire en même temps. La vie était trop courte pour être tout le temps sérieuse. Et puis les choses étaient mieux acceptées par le rire.

Bon, sauf avec Ilyasvel de Savoie.
Mais elle ne s’avouait pas vaincue.

Un sourire ne put d’ailleurs être retenu alors que la demoiselle en question corroborait sa théorie d’une noblesse magique. Et dire qu’elle essayait de faire ‘comme si’, comme si elle s’en moquait, comme si ce n’était pas intéressant, comme si Cassandra l’énervait. Bon, Cassandra l’énervait sûrement réellement. Mais c’était secondaire. Reprenant une gorgée de sa boisson, elle acquiesça d’ailleurs à ce que la Française disait. « Parfois, je regrette de ne pas pouvoir me dédoubler ! Pouvoir étudier plusieurs choses en même temps, ce serait vraiment intéressant ! Et étudier la généalogie nobiliaire en rapport avec le monde magique, ce doit être passionnant. Et je plussoie ce que tu as dit, après tout les Sang-Purs se marient également entre eux pour conserver la magie plus puissante entre eux. Même si c’est stupide comme manière de penser, cela ne m’étonnerait pas que nos nobles et les sorciers arriérés aient les mêmes pensées ! » Heureusement, son père n’avait pas été comme ça, heureusement. Cassandra l’admirait d’ailleurs pour cela, tourner le dos à sa famille pour l’amour… sa mère et lui étaient un peu des Roméo et Juliette. Même si c’était niais comme manière de penser… mais ce n’était pas le sujet.

L’intérêt de Cassandra grandit après qu’elle ait posé sa question sur le sang. De toute évidence, Ilyasvel n’aimait pas l’évoquer. Etait-elle honteuse de son statut de née-moldue ? Pourtant, elle avait l’air fière de son affiliation à la noblesse, et cela allait de pair. Mais soit. Cassandra ne dit pas un mot, et continua de boire sa pensée. Se rendant compte qu’elle en était arrivée à bout, elle repoussa son verre sur le côté, faisant signe à Tom’ de nouveau. « Une Kirin s’il-te-plaît. » Aaaah, la bière japonaise, un de ses grands plaisirs. Et comme toujours, elle se remerciait d’avoir une tolérance à l’alcool extrêmement élevée. Sinon adieu tout l’amusement des soirées ! En prenant une gorgée, elle sourit à nouveau en sentant Ilyasvel s’énerver quelque peu. Eh bien voilà, elle y arrivait peu à peu ! Elle allait la casser cette carapace, foi de Cassandra Moon ! Cette fille avait besoin d’apprendre à s’amuser. Sans rien dire, elle l’écouta parler pendant plusieurs minutes, autant de son monde, que du soi-disant abandon de Cassandra par rapport à sa famille, de ses propres études, et enfin du joli mensonge par rapport à l’université. Ses yeux, ses yeux. Ils parlaient pour elle. Une fois qu’elle se fut tue, Cassandra tourna son tabouret vers elle, les jambes croisées, sa bière dans la main droite.

« Ilyasvel, Ilyasvel. Par où commencer ? » Elle sourit légèrement, penchant sa tête sur le côté, comme si elle réfléchissait. Bon, elle réfléchissait réellement, car oui, elle n’était pas stupide. Encore heureux. « Par moi, tiens ! Jolie analyse de ma personne ! Tu as eu bon… à la fin. Mais peut-être que si tu avais eu toutes les cartes en main, tu aurais pu mieux t’en sortir, je te le conçoie. Commençons donc par le commencement : je n’ai pas abandonné la noblesse. Je ne sais pas si tu connais le fonctionnement de ma famille maternelle. Nous sommes les Baoder, famille de la Case Vecchie, la ‘vieille maison’. En résumé, la première famille noble de Venise. Notre nom originel s’est perdu car nous sommes dirigées par des matriarches. De siècles en siècles, de mariages en mariages, nous avons pris le nom de nos époux au départ, puisque les mariages entre femmes n’étaient pas encore autorisés. Ce qui n’est heureusement plus le cas aujourd’hui. » Petit clin d’œil. Elle était sûre que miss de Savoie était une jaune fille tout à fait raffinée, soit hétérosexuelle. Pas d’homosexualité ou de bisexualité chez les nobles coincés, ouhlala, non. « Ma mère est la matriarche. Quand j’aurais l’âge, je la deviendrais à mon tour. Je représenterais le pouvoir des femmes au sein de la noblesse, je représenterais l’une des familles les plus influentes d’Italie. Crois-tu sincèrement que j’abandonnerais ceci Ilyasvel ? » Question sérieuse. Cassandra était toujours sérieuse sur sa famille, à son grand damne. C’était l’une des rares choses sur laquelle on pouvait la picoter et qui la faisait sortir de ses gonds. On ne plaisante pas avec la famille, règle d’or. Mais elle n’en voulait pas à Ilyasvel, son cerveau avait été influencée dans un certain sens après tout.

« Ceci dit, passons à la suite… chérie. Je suis des études pour devenir Auror de Second échelon. J’estime que le fait de pouvoir sauver des vies, arrêter des personnes malfaisantes, est réellement gratifiant. Se dire qu’on aide notre monde - et oui, notre, car Ilyasvel était une sorcière qu’elle le veuille ou non, mais elle allait y venir après - - à être un monde meilleur est l’une des plus belles choses qu’on puisse vivre. Bon, et en plus de ça, je ne suis vraiment pas artistique, ni douée avec les animaux. Sauf les chats. Mais ce n’est pas pour le moment. » Nouvelle gorgée de bière, nouveau regard sérieux. Bon sang, si on lui avait dit qu’elle aurait une conversation sérieuse avec Ilysvel. Mais bon, vu ce qu’elle lui disait, cela allait contribuer au même objectif : sortir miss parfaite de ses gonds.

« Je crois qu’il y a une chose dont tu n’as réellement pas conscience Ilyasvel. Tu ES une sorcière, c’est un fait. Tu ne pourras pas y échapper. Tu ne pourras pas finir tes études, rentrer chez toi, et faire comme si rien ne s’était passé. Quant à l’université, oui je mélange tout, mais au final, c’est en rapport ~ T’as-t-on déjà dit que tes yeux parlaient pour toi ? Tu n’es jamais émotive du visage, c’est vrai, mais tes yeux sont comme un livre ouvert. Après près de cinq ans à te fréquenter, je suis désolée de te dire que je sais quand tu mens. Faisons simple, ta famille n’a pas accepté. Grand-papa de Savoie n’a pas aimé que miss ‘la possible future héritière’ se révèle être une sorcière. Après tout, ce n’est pas quelque chose qu’il peut contrôler. » Les faits étaient posés, on allait repasser aux choses pas drôles. Enfin. Pas drôles pour Ilyasvel. Pour elle, cela allait être comme se plonger dans la jeune femme et tenter de la réveiller de ses longues années sous le contrôle de quelqu’un d’autre. A la fois amusant et compliqué. Mais Cassandra aimait ce qui était compliqué.

« Mon père est un Sang-Pur, ma mère une Née-Moldue. Je nage dans la magie depuis que je suis née, je me permets donc de t’en parler. A côté de ça, je connais également le monde de la noblesse. Restrictif, étouffant, suffocant, accablant, oppressant. Puissant. Tu fais face à deux forces. Les deux font partie de toi. Mais la magie, jamais tu ne pourras t’en débarrasser. Jamais. Et je suis sérieuse à ce niveau-là, certains ont tenté, aucun n’a réussi. Ta magie, c’est toi. Et il te faut l’accepter. Ton monde, ce n’est pas celui des moldus, plus uniquement. Tu en as deux désormais, et il va falloir t’y faire. Surtout vu ton rapport avec le monde moldu. Ne me dis pas qu’il n’y a pas un seul instant où tu t’es dit ‘si un jour cela dérape dans le monde moldu, au moins je pourrais venir ici’ ? Ici, tu es libre. Je ne te dis pas d’abandonner tes titres, je n’oserais pas, jamais. Mais je te dis de vivre bon sang. Arrête d’être si coincée, arrête de toujours penser à ta réputation, arrête de toujours fait ce qu’on attend de toi. Ou dans vingt, trente, ou quarante ans, tu le regretteras ! Vieille, aigrie, et amère, regrettant de ne pas avoir profité de ce qu’on lui avait offert. Toi qui a toujours vécu sous le pouvoir de quelqu’un d’autre, la magie t’offre la possibilité de vivre pour toi. Et je suis la preuve qu’on peut associer, enchaîner les deux ! Tu attends quoi ? Vis un peu pour toi bon sang ! »

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MessageSujet: Re: And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel   Jeu 15 Jan - 8:47


And here I thought you were dead


Je me suis toujours, officiellement tout du moins, considérée comme chanceuse. J’avais grandi au sein d’une telle famille, que l’avenir ne me faisait pas peur. Je ne craignais pas pour ma vie – notre patrimoine est tel que je ne peux que manger à ma faim et vivre dans les plus belles résidences du monde. Je ne craignais pas pour mon futur – tout avait déjà été mis en place. Toutes les inquiétudes qui pouvaient peser sur les épaules de n’importe quel jeune aujourd’hui, n’étaient pour moi que des mots. Des angoisses théoriques. Précarité ? Enchaînement de CDD ? Premier emploi difficile, voir impossible à trouver ? Tout cela, c’était pour les autres. Pas pour moi. Pas pour l’héritière. Pourtant, était-ce parce que, justement, je n’avais jamais eu à m’en soucier, que ces angoisses m’étaient apparue brutalement, toutes ensembles, à l’idée que je perde cette course à la succession ? J’avais beau vivre loin de Saint-Martin-Vésubie, je n’en perdais pas moins le fil quand à la Cérémonie de Présentation qui se déroulerait dans quelques mois. Et, même si je pouvais avouer sans rougir que je m’en étais écartée, je ne pouvais mentir sur le fait que perdre cette compétition fratricide entraînerait une ribambelle de problèmes. La rencontre inopportune avec la Moon venait de me le rappeler.

Inconsciemment, je tirai légèrement mes manches jusqu’à ce qu’elles couvrent mes poignets, signe presque ostentatoire de ma nervosité. Depuis mon arrivée à WINCAP, j’étais moins à cheval sur ce genre de détails, étant donné que la plupart de gens ne savaient pas les interpréter correctement. Mais face à Moon, c’était différent. Je pris une nouvelle gorgée du Gin Fizz, tentant de me calmer. Ce reflexe était d’ailleurs un tantinet paradoxal. L’alcool, même si j’en avais une tolérance tout à fait correcte, restait un excellent moyen pour délier les langues. Surtout la mienne. Boire lentement. Surtout, il me fallait boire lentement. Plussoie ? Qu’est-ce que c’est que ce vocabulaire… Est-ce qu’elle est vraiment l’héritière des Della Moon ? Bon dieu que ça fait prolétaire… « Te dédoubler ? Etudier en parallèle plusieurs choses est le meilleur moyen pour n’en étudier aucune entièrement. Si la généalogie magique t’intéresse tant que cela, tu n’as qu’à te reconvertir. Je suis certaine que tu devrais pouvoir trouver des postes intéressants en tant qu’experte. » C’était sorti plus incisif que ce que j’avais prévu, mais c’était dit. Elle qui se plaisait à se dire si libre de choix pouvait bien étudier ce qui lui chantait. Je suis certaine qu’il n’y aurait pas de problème. Enfin, certaine… « Ce n’est pas stupide. C’est logique. Je ne sais pas comment fonctionne le monde des Sang-pur, mais je connais assez celui de l’aristocratie pour pouvoir dire avec certitude qu’il ne s’agit pas que d’une manière de penser afin de rester les plus puissants. Accepter les différences est une chose, pouvoir vivre, et se marier, avec quelqu’un d’un univers totalement différent en est une autre. Il ne s’agit pas que de pouvoir, mais aussi de zone de confort. On ne peut jamais être sûrs, lors d’une mésalliance, que la personne à laquelle on se lie le fait exactement pour les mêmes raisons. » Je grimaçai intérieurement à ma propre réplique, celle-ci me rappelant un peu trop celles que mes percepteurs et autres gouvernantes n’avaient eu de cesse de me répéter, lorsque, enfant, je croyais encore aux contes de fées. Je n’avais pas besoin d’essayer de réfléchir, je savais que j’étais passée en mode « parfaite petite héritière », et ce, malgré ma présence ici, au Dragon’s Roar. Ça devait être une surprise pour les bartenders ici, de me voir aussi sérieuse. Je n’ai jamais été du genre déjantée, mais je ne crois pas avoir été un jour ici, aussi professionnellement de Savoie.

Je dus m’empêcher de lever les yeux au ciel devant ses propos. Elle était vraiment en train de me retracer son arbre généalogique ? Je suis une aristocrate, parbleu ! Je connais toutes les généalogies européennes, les plus grandes familles, l’ordre de puissance et, surtout, les ordres de succession. Pour qui me prenait-elle ? Je faillis m’en courroucer, avant de me dire que, peut-être, l’éducation chez les Della Moon était différente de celle mise en place chez les de Savoie. Je n’avais pas encore sept ans que je connaissais déjà les grands noms de ma famille, y compris et surtout, ceux qui avaient vécu en Italie. Ils ont toujours été la meilleure vitrine de notre Maison. Les Case Vecchie, et notamment les Baoder, de ce dont je me rappelais, avaient donné pas mal de papes dans les années 1000. Ou peut-être même un peu avant… Ma mémoire me faisait défaut. Ou était-ce le manque d’intérêt ? Je manquai par contre de m’étouffer aux propos qui suivirent. Mariage entre femmes ? Elle… Elle était homosexuelle ? Genre, ouvertement homosexuelle ? J’étais en train de me sentir mal. Je n’ai rien contre les homosexuels. Vraiment. J’ai de nombreux amis qui sont attirés par les personnes de même sexe, et ça ne m’a jamais dérangé. Par contre, le fait que la Moon soit une héritière, et qu’elle parle ainsi, ça, c’était choquant. C’était dérangeant. Et, même si j’avais envie de rebondir sur cela, je préférai me retenir. Je n’étais pas là pour débattre sur ce point. En réalité, je n’étais même pas là pour débattre tout court. A la base, je devais juste passer une soirée agréable, sans prise de tête, et en bonne compagnie. Point. « Oh, abandonner ta famille, non. Ou, tout du moins, je ne pense pas. Je ne te connais pas assez pour pouvoir véritablement en être convaincue cependant. Par contre, tu as déjà plus ou moins abandonné ton poste dans la société mondaine, chérie. » Non, vraiment, même si l’utilisation du « chérie » sonnait bien dans ma tête, en vrai, ça ne collait pas avec la persona. Puis j’avais toujours préféré les douces appellations anglaises, allez savoir pourquoi. « Ne plus être aussi présente lors des différents évènements mondains de l’aristocratie italienne, c’est un signe que les autres familles ne peuvent ignorer. Personne ne le dit, bien sûr, mais tout le monde le pense. » Ce n’était pas tout à fait vrai, tout comme ce n’était pas tout à fait faux. L’un de mes oncles était de ceux qui étaient persuadés que Cassandra ne prendrait pas la suite de sa mère, j’étais de ceux qui pensaient simplement que si ce n’était pas elle, ça en serait une autre.

Je dus boire une nouvelle gorgée de mon cocktail, un tantinet désespérée de voir qu’il était en train de toucher à sa fin. J’étais en train de m’énerver. Je pouvais le sentir dans tout mon être. Et l’alcool n’allait pas vraiment m’aider à me calmer, m’enfin. Cela faisait partie du jeu. « Vouloir devenir auror est tout à fait louable, en effet. Mais en faisant cela tu oublies qui tu es dans le monde moldu. Le fait de prendre autant de risques dans un métier qui est, certes, gratifiant, est aussi un tantinet stupide. Il y a des gens qui comptent sur toi, tu as des responsabilités, des devoirs vis-à-vis de ces gens. Agir de la sorte ne te rend pas louable, cela te rend seulement égoïste. » Je me félicitai d’avoir réussi à dire tout cela sans tremblement dans la voix, et sans même la hausser. J’avais réussi à simplement statuer des faits. Et ce, même si je n’étais plus vraiment sûre que je parlais encore d’elle. En y réfléchissant bien, ces propos pouvaient tout autant s’appliquer à ma situation actuelle.

Oh. Voilà. Ça y était. Je sentais mes mains commencer à trembler. Sérieusement… Jusque là, j’avais réussi à être en parfait contrôle de ma personne, à l’exception de quelques tremblements de voix, de quelques regards apparemment trop facilement lisibles. Mais là, ça en devenait malsain. Ce n’était pas de grands tremblements, et, en réalité, je doute que la Moon ne s’en soit rendue compte tellement ils étaient légers. Par contre, ma voix crispée, elle, était facilement reconnaissable. « Et je crois qu’il y a une chose dont toi, tu n’as pas conscience. Sorcière ou pas sorcière, je reste une de Savoie. J’ai conscience de mes responsabilités et de mes devoirs, ce qui, je te l’accorde, n’est pas la chose la plus simple au monde. Il y a des gens qui comptent sur moi, il y a des gens qui s’attendent à me voir échouer, et il y a des gens que je ne veux pas décevoir. Si tu parviens à vivre sans t’inquiéter de tout cela, c’est parfait. Je suis heureuse pour toi. Mais ne viens pas essayer de m’expliquer ce qu’est la vie lorsque toi, tu préfères venir te cacher ici. Lorsque j’aurai terminé mes études, je rentrerai chez moi, et je prendrai la place qui est la mienne. Je ne ferai pas comme si rien ne s’était passé, mais je considérerai que rien de tout cela… » J’agitai mes bras autour de moi comme si, en englobant physiquement l’espace qui m’entourait, je signifiai symboliquement le monde sorcier dans son ensemble. « … n’aura été autre chose qu’une expérience, un souvenir. Point. Je n’abandonne pas ce monde, je retourne simplement à celui auquel j’appartiens. Donc, non, je n’ai jamais songé un seul instant venir me cacher ici si ça « dérapait » comme tu le dis si bien, dans le monde moldu. Je ne fuis pas ce que je suis. Je ne fuis pas qui je suis ! Et jusqu’à ce que tu arrives ici, j’étais parfaitement libre, merci bien ! Etre libre maintenant, ou être vieille, aigrie et amère dans vingt ? Ce sont les deux seuls choix que tu me proposes ?! Je crois que je peux encore décider de ce que je veux faire, que ce soit dans l’immédiat, la semaine prochaine ou dans dix ans ! Avant de te voir ici, je te signale gentiment que je n’avais que faire de ma réputation. Tu es le seul lien que j’ai avec le monde moldu, tu es le grain de sable ! » Je ne suis pas certaine que le verre que je tenais dans les mains se brisa parce que je m’étais crispée trop violemment dessus, ou parce que ma magie s’était soudain sentie pousser des ailes. Je m’étais manifestement laissée emporter, et, vu le regard que me lançait le bartender, je pense pouvoir dire que je m’étais plus ou moins mise à élever la voix. Génial. J’inspirai longuement afin de me calmer, tout en demandant au barman, un nouveau shot de tequila. J’en avais besoin. Je le descendis aussitôt qu’il fut arrivé à porter, ne croquant même pas dans le citron.

« Désolée. Je ne suis pas censée m’énerver ainsi. Je crois que j’ai peut-être un peu trop bu. » C’était faux, évidemment. L’alcool ne me rendait pas spécialement irritable. La plupart du temps, je devenais juste particulièrement collante, et je riais pour tout et rien. Je n’avais absolument pas l’alcool mauvais.

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And here I thouht you were dead | Cassandra & Ilyasvel

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